Jeudi 13 septembre 2018

Mille pour un, est-ce suffisant ? (Ecclésiaste 2,1-11 et 24-26)


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Salomon est plongé dans la réflexion. Il a changé de thème et médite maintenant sur le plaisir. Un sujet délicat. Un de mes professeurs a pu dire qu'il fut un temps où la morale protestante pouvait se résumer en cette petite phrase: «Tout est permis, sauf ce qui fait plaisir.» C'était vrai il y a un temps. Est-ce qu'on en est vraiment sorti ? On peut légitimement se poser la question. En religion chrétienne, la piété et le plaisir n'ont pas toujours fait bon ménage. Le plaisir fait penser au corps, et du corps on n'est pas loin de la sexualité. D'où la méfiance de tout ce qui entraîne au plaisir. Pendant longtemps, on a prôné la «macération» du corps par l'activité pour en détruire les passions et les élans nocifs. De cette tradition, on est passé au «tout tout de suite». On n’est pas content ? On change. La maximisation du plaisir est devenue un moteur directeur de la vie de l'homme moderne, et cela dans tous les domaines : culturel, économique, politique, relationnel, personnel, intime. Dehors les rabat-joie ! Salomon, avec son harem de 700 épouses et 300 concubines (1 Rois 11,3), arrive à la lassitude et s'interroge. La conclusion est claire : même le plaisir ne donne pas de sens à la vie. Il est incapable de donner une satisfaction concrète et durable. Le sage est celui qui le sait.

Roger Puati

Prière: Père, mon corps, mon âme et mon esprit sont tous tendus vers le plaisir. Je voudrais me remplir de tout ce qui fait plaisir, éteindre la flamme qui me consume et accéder à la plénitude et à la béatitude. Peine perdue. Père, sois ma faim et ma nourriture, sois ma soif et mon breuvage, et je n'aurai plus jamais faim ni soif.  

Référence biblique : Ecclésiaste 2, 1 - 26

Commentaire du 14.09.2018
Commentaire du 12.09.2018